Dans le monde du football burkinabè, les conflits d’intérêts représentent un obstacle majeur à la croissance et à la professionnalisation de notre sport. Pour simplifier, on peut distinguer deux types : les conflits d’intérêts apparents, basés sur des perceptions superficielles, et les conflits d’intérêts effectifs, qui impliquent de réelles incompatibilités. Face à cela, il est impératif de privilégier la prévention plutôt que la dénonciation. Les analyses objectives de Daouda Sanou Famoso, ancien Directeur Technique National (DTN) et expert observateur du football au Burkina Faso, mettent en lumière les faiblesses du cadre juridique, tandis que les approches partisanes se contentent de pointer du doigt des individus sur la base d’apparences trompeuses.
L’Impact des réseaux sociaux et des médias sur l’information sportive
Avec l’essor des réseaux sociaux, nous assistons à une explosion de la quantité d’informations circulant dans notre écosystème footballistique. Malheureusement, cette abondance s’accompagne d’une baisse alarmante de la crédibilité et de la fiabilité, transformant souvent l’information en outil de manipulation. Ce déficit en analyses de qualité constitue un frein majeur au développement du sport burkinabè.
Le traitement de l’actualité sportive par certains médias locaux et influenceurs sur Facebook, combiné à l’absence d’une stratégie de communication au sein de la Fédération Burkinabè de Football (FBF), érige une barrière insurmontable pour la commercialisation et l’expansion du football. Ce mode de couverture décourage les investisseurs potentiels et dissuade les talents qualifiés de s’impliquer dans la gestion. Il entrave les collaborations entre acteurs et plonge notre football dans des eaux troubles, marquées par la suspicion et les divisions.
Vers une promotion des médias responsables et un environnement propice
Pour remédier à cela, il est essentiel de promouvoir les médias locaux et les influenceurs qui non seulement informent, mais éduquent et connectent les acteurs du football. Le Burkina Faso doit œuvrer à la création d’un environnement juridique et médiatique favorable au renforcement de l’écosystème footballistique.
À cet égard, la Fédération doit élaborer un plan de communication efficace, promotionnel et fédérateur. Ce plan devrait inclure selon Daouda Sanou Famoso :

● Une amélioration de la communication interne : Pour renforcer la cohésion au sein de la FBF, car une communication défaillante en interne se répercute inévitablement sur l’extérieur. Cela explique pourquoi des membres fédéraux peuvent être attaqués injustement sur les réseaux sociaux sans réaction de la part de l’institution, révélant une fragilité structurelle.
● Une stratégie de communication externe : Définir et mettre en œuvre des actions pour promouvoir les activités et réalisations de la Fédération, afin de projeter une image positive et unitaire.
Propositions concrètes pour un changement positif
Pour concrétiser ces idées, Daouda Sanou Famoso propose les mesures suivantes :
● Organisation d’une Rencontre Annuelle : Réunir la Fédération, les médias locaux et les influenceurs pour favoriser une meilleure compréhension des enjeux et créer une synergie d’actions unitaire et dynamique au service du football burkinabè.
● Encouragement de la Responsabilité Sociale : Inciter tous les acteurs à adopter des pratiques éthiques, en mettant l’accent sur la transparence et l’intégrité.
● Création de Contenu Local : Cette responsabilité incombe à la Fédération et aux ligues régionales. Il s’agit de diversifier les contenus, formats et sujets, avec un focus sur l’amélioration et la clarification de la vision et de la stratégie des dirigeants. Cela permettra de produire des informations fiables, éducatives et engageantes, loin des rumeurs et des manipulations.
En adoptant ces approches, le Burkina pourra transformer les conflits d’intérêts en opportunités de croissance, en favorisant un football burkinabè plus professionnel, attractif et uni. Il est temps d’agir pour que le sport burkinabè sorte des eaux troubles et brille sur la scène continentale et internationale.
Ablam GNAMESSO
